Edito

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Jacques DOMINGUEZ
Directeur d’EPISTEMES

Nous entrons dans l’ère de l’industrialisation de l’éducation et de la formation !

Il est devenu impossible de parler d’éducation sans parler de numérique. Il semblerait même que l’intégration des nouvelles technologies dans l’éducation améliore l’acquisition des connaissances des apprenants comme semble le démontrer les logiques du « connectivisme » (Expérience du trou dans le mur (Sugata Mitra)).

Mais ces logiques semblent plus favoriser l’auto apprentissage que la plupart des autres méthodes pédagogiques. Si cette hypothèse venait à se vérifier alors il faudrait se poser la question sur l’opportunité d’un renouvellement des pratiques pédagogiques et de redéfinir le métier d’enseignant.

Afin d’être dans le mouvement actuel de l’innovation et rester repérable dans les logiques commerciales de la formation, il devient indispensable pour un OF (Organisme de Formation), de présenter son offre de formation au moyen « d’acronymes » pédagogiques de langue anglaise censés donner une apparence innovante et sérieuse.

Par ailleurs, l’OF va avoir l’obligation d’entrer dans une démarche de qualité. Ce dernier doit alors recourir à une certification afin d’être visible dans le marché de la formation. Paradoxalement, ces certifications deviennent obligatoires tout en étant incapables de garantir les résultats d’un dispositif de formation.

La formation s’expose aux mêmes conséquences qui ont touché l’industrie avec la mise en place de normes ISO. Si la société de consommation a jugé nécessaire de les mettre en place dans le but louable de garantir une qualité des produits au consommateur, néanmoins, le but louable a été vite détourné par les industriels vers des logiques commerciales de profits. La qualité d’une formation doit être jugée par un dispositif d’évaluation et non par une démarche qualité qui ne peut évaluer que les moyens mis en œuvre. La formation est en train d’effectuer une mutation profonde et sournoise qui modifie sa logique initiale de service en une logique de produit de consommation conditionnée par le temps et structurée pour l’apparence, démunie de réalité de fond.

L’erreur à ne pas commettre pour les futurs formateurs, c’est de croire que seules ces dimensions « d’innovation d’apparence » et de « démarche qualité » garantiront la qualité, la compétence et la pérennité du formateur de demain. Ils s’exposent à devenir les prisonniers des logiques pédagogiques à la mode, aussi innovantes qu’éphémères qu’ils auront retenues, et disparaîtront peu à peu, sous la vague, déjà en marche de la prochaine industrialisation de la formation. Il leur appartient avant qu’il ne soit trop tard, de s’adapter à la mutation du champ de la formation. La nouvelle logique éducative qui en résultera, s’appuiera sur les capacités d’auto apprentissage des apprenants et sur les avantages des innovations du numérique. Les dispositifs d’évaluation prendront une place de plus en plus prépondérante pour garantir aux bénéficiaires de la formation du futur leurs résultats d’apprentissage. Enfin, peu à peu, la logique de l’obligation de moyens actuelle cédera sa place à une logique d’obligation de résultat, la formation sera devenue un produit de consommation et le formateur, un ingénieur concepteur de produit qu’il n’aura même plus la mission de « distribuer » ….

La didactique par les nouvelles technologies du numérique

Nous sommes à une époque où il est impossible d’ignorer les nouvelles technologies du numérique dans le cadre de l’enseignement ou de l’apprentissage. Il s’agirait d’une erreur de considérer ces technologies et leurs supports comme une solution « clef en main » et non comme un outil. Ces « technologies » doivent aussi pouvoir s’adapter aux entreprises multi générationnelles qui mêlent les générations X, Y et Z, dont les attentes, les motivations et la culture du numérique sont différentes. Enfin il apparaît clairement que sans une analyse précédée  d’une ingénierie pédagogique capable d’identifier les besoins des entreprises d’une part  et surtout de mesurer d’autre part  les effets de la formation sur les apprenants, il est très difficile voire impossible qu’une formation puisse être considérée comme pertinente et efficace de manière objective. Malgré l’ensemble des solutions numériques et pédagogiques proposées aujourd’hui (MOOC, SPOOC, Serious game, etc..), la réelle question est de savoir quels sont les réels  effets d’une formation mesurables à moyen et long terme.

À EPISTEMES, notre priorité est de garantir nos formations sur des résultats et non sur les moyens que nous engageons. Nous pensons que les technologies du numérique, et notamment la 3D, viennent principalement et surtout renforcer l’aspect didactique d’une formation, dans le cadre d’une évolution qui sans aucun doute révolutionnera les pratiques pédagogiques de demain.

À EPISTEMES, nous parions aussi sur le futur, et de comment vont évoluer les métiers de formateurs et enseignants traditionnels d’aujourd’hui, sinon en véritables métiers «technopédagogiques»,  maîtrisant à la fois les technologies du numérique et les connaissances en matière de pédagogie et de didactique, exploitées  dans le cadre de l’action de formation et évaluées de manière pertinente et efficiente.

À EPISTEMES, notre ingénierie pédagogique et notre équipe de formateurs sont déjà dans cette logique éducative qui conjugue l’innovation technologique et les démarches cognitives de l’apprentissage des individus.

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Benoit DOMINGUEZ
Directeur pédagogique d’EPISTEMES